
TFM évalue la qualité des eaux de sa concession : les macroinvertébrés révèlent l’état écologique des rivières
En novembre 2024, Tenke Fungurume Mining (TFM) a mandaté Scale Consortium, en collaboration avec l’Université de Lubumbashi, pour une nouvelle étude sur la qualité de l’eau dans sa concession minière. Cette évaluation scientifique s’est appuyée sur l’analyse des macroinvertébrés benthiques — de petits organismes aquatiques qui constituent d’excellents indicateurs de la santé des écosystèmes.
Une étude scientifique au cœur des rivières du Katanga
L’équipe de recherche a mené des prélèvements entre le 19 et le 21 novembre 2024 dans les bassins des rivières Mofya, Dipeta et Tshilongo.
À chaque site, les spécialistes ont mesuré la température, le pH, la conductivité et la teneur en solides dissous (TDS), tout en identifiant et comptant les organismes aquatiques présents.
Ces données ont ensuite été analysées selon les protocoles IHAS-2 et SASS5, qui permettent d’évaluer la qualité des habitats et la sensibilité des espèces à la pollution.
Des paramètres physico-chimiques favorables, mais des habitats fragiles
Les résultats montrent que, d’un point de vue chimique, les eaux de la concession restent propices à la vie aquatique.
Cependant, la structure des habitats varie fortement:
- 9 sites (47,4 %) offrent de bons habitats pour les macroinvertébrés,
- 2 sites (10,5 %) sont jugés adéquats,
- 8 sites (42,1 %) présentent des conditions dégradées.
Au total, 12 ordres et 28 familles de macroinvertébrés ont été recensés, dont les plus courants sont les Gerridae (punaises d’eau), les Veliidae et les Baetidae.
Mais les espèces sensibles à la pollution — les Éphéméroptères, Plécoptères et Trichoptères (EPT) — se raréfient fortement, signe d’un stress environnemental.
Une biodiversité en recul depuis 2015
Les comparaisons avec les études précédentes montrent une diminution continue de la diversité biologique :
- 44 familles de macroinvertébrés recensées en 2015,
- 39 en 2019,
- Seulement 28 en 2024.
Cette perte de biodiversité s’explique principalement par la dégradation et la fragmentation des habitats, liées à plusieurs facteurs :
- Exploitation minière artisanale (lavage du minerai dans les rivières),
- Aménagements routiers et agricoles,
- Déforestation et urbanisation non planifiée.
Des recommandations pour un avenir durable
Le rapport recommande notamment:
- L’interdiction du lavage du minerai dans les cours d’eau,
- La promotion d’activités économiques alternatives (agriculture durable,
- Artisanat à valeur ajoutée, microfinance),
- La poursuite d’un suivi écologique régulier des rivières, et
- L’intégration des poissons (ichtyofaune) comme indicateurs complémentaires de la qualité de l’eau.
Préserver l’eau, un engagement collectif
Bien que TFM exprime une réelle préoccupation pour la protection de son environnement, son pouvoir d’action direct face à l’exploitation artisanale reste limité.
Le rapport souligne donc la nécessité d’une collaboration entre l’entreprise, les autorités publiques et les communautés locales pour concilier protection de la biodiversité et développement économique.
Une approche combinant réglementation, éducation environnementale et alternatives économiques durables apparaît essentielle pour préserver les ressources en eau et l’avenir écologique du Lualaba.
Cette étude confirme la volonté de TFM d’intégrer la science et la durabilité dans la gestion de son environnement, tout en soutenant des solutions concrètes pour les communautés locales.
